dimanche 18 janvier 2009

Eau revoir Sénégal!

Nous avons quitté le Sénégal le 17 décembre quelques mois avant la fin de notre contrat... Une oportunité à ne pas laisser passer c'est présentée à nous : Bertrand s'est fait offert un poste de conseiller hydro-politique pour la SADC (South African Development Community) à Gaborone au Botswana! La SADC est un peu l'équivalent de l'Union européenne et regroupe 14 pays d'Afrique australe.

Les dernières semaines se sont donc bousculées, tentant de terminer nos contrats dignement, et d'assurer une certaine continuité. Maxime a fait ses aurevoirs à ses amis sans trop de chichis, sachant très bien que bientôt il partirait pour une nouvelle aventure au pays des lions, des zèbres et des girafes...Nous avons donc quitté le Sénégal la tête pleine de beaux souvenirs et de belles images. Nous y avons fait de belles connaissances et recroiseront peut-être un jour des amis globe trotteurs comme nous, pour qui le monde est petit. Les aurevoirs les plus difficiles ont été au moment de quitter la nounou des enfants, qui peu à peu est aussi devenue une amie. Cette deuxième maman faisait maintenant partie de la famille mais elle, nous ne la reverons probablement plus...

Aurevoir donc Sénégal et Sénégalais et merçi pour cette année magnifique passée à Saint-Louis. Merci d'avoir partagé avec nous ce milieu aux contrastes physiques et humains frappants ainsi que cette culture et cette religion fascinantes. Merçi pour tout ce que vous nous avez apportés. Merci de nous avoir mis face, parfois de façon troublante, à une réelle pauvreté, à des contitions de vie si différentes, à une réalité difficile à comprendre... Merçi pour les réflexions que tout ça a suscité.

Nous serons à Montréal pour faire le plein de nos racines, et surtout pour réinscrire en nous nos empruntes familiales et amicales puisquent nos aventures ne s'arrêtent pas là.

Nous préparerons donc notre prochain déménagement (3 semaines plus tard) et tout ce qui vient avec... Puisque le nouvel employeur de Bertrand délègue à ses employés tout ce qui touche la logistique de cette nouvelle aventure (assurance, appartement, déménagement par conteneur, école, visas...).

Nous nous retrouverons donc dans un prochain blog :http://beautswana.blogspot.com/

Vous trouverez ici nos dernières photos du Sénégal:

mercredi 5 novembre 2008

La charrue avant les boeufs... Ou comment passer de la planification d'urgence au développement durable?

Je suis ici en tant que conseillère en environnement auprès d’une fédération qui regroupe près de 8000 producteurs de riz. L’environnement ne fait pas du tout partie de leurs préoccupations et de façon générale, elle est perçue davantage comme de l’écologie extrémiste. L’environnement pour eux, c’est principalement la protection des animaux et de la végétation. Le mot ne fait pas partie de leur vocabulaire alors oubliez la conceptualisation. L’objectif de mon projet: initier un processus de réflexion.

Mais c'est normal. Au Canada, depuis combien de temps entendons-nous parler d’environnement? Je me rappelle selon les modes, mes premiers contacts avec des campagnes d’information liées à des questions environnementales et les premiers messages à caractères environnementaux circulant dans nos sociétés: Ne pas jeter de papiers par terre (j’étais au primaire); les pluies acides tuens nos forêts (au primaire), il faut recycler (au secondaire), économisez l’eau (secondaire), mangez bio (CEGEP), utilisez les transports alternatifs (Université), la couche d’ozone diminue - il faut réduire la pollution atmosphérique, les changements climatiques, les villes vertes… Bref ça fait des années que nous sommes conscientisés, que nous entendons parler d’environnement à l’école, à la maison, au bureau, dans les médias et même dans les films. Quand le recyclage a commencé à Montréal, certains affirmaient que les matières collectées allaient au dépotoir et non au centre de tri, question de conscientiser la population et de développer de bonnes habitudes avant mettre en place le système. Vrai ou faux? Je ne sais pas, mais je crois que le principe est bon. L’organisme pour lequel je travail est à des années lumières de l’agroenvironnement ou de la riziculture durable.

Il faut donc commencer par le commencement et intégrer le mot environnement dans leur vocabulaire, les inciter à avoir des réflexions environnementales, même si celles-ci ne servent qu’à faire plaisir au bailleurs de fonds. Au moins, le processus de réflexion s’initie.

Par ailleurs, penser environnement et développement durable est difficile dans une société oừ les gens n’ont pas été habitués à planifier à long terme et ce principalement par nécessité. Selon la Banque mondiale, plus de la moitié de la population sénégalaise n’a pas les ressources financières pour subvenir à ses besoins de base (alimentaires)... Il est facile de comprendre qu’il aient d’autres priorités! Il y avait auparavant comme dans nos sociétés un meilleur équilibre entre l’humain, ses activités et son milieu... Or, avec l’augmentation rapide de la population, le développement des économies de marché, l’augmentation effrénée de la consommation... l’équilibre ne tient plus. La situation est encore plus difficile dans les pays en développement pour qui l’accélération du développement a en partie été imposée et s’est fait trop rapidement. Les gens sont ainsi au prise avec les mêmes problèmes environnementaux que les pays industrialisés mais n’ont pas les moyens pour y remédier... Alors les déchets, résidus de cette hausse de consommation s’accumulent sans être traités, les eaux de surfaces et sous-terraines sont dangereusement polluées par les rejets agricoles et domestiques non contrôlés...

« Avec leurs économies dépendant en grande partie de la production agricole, la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest doivent combattre simultanément la pauvreté répandue, assurer la sécurité alimentaire et réaliser un développement économique durable. Ceci s’accompli dans un environnement de taux d'analphabétisme élevés, une population qui augment rapidement, des précipitations basses et imprévisibles, des sols stériles, et des stratégies de développement qui ont eu un penchant urbain fort. Dans de telles conditions, les systèmes de production traditionnels ne peuvent pas soutenir la population. Dans l’absence d’un changement radical, la dégradation de la terre va s’accélérer et la base des ressources naturelles dont la production agricole en dépend, continuera de diminuer. » (Banque mondiale)

Pour les producteurs de riz de la FPA (mon partenaire au Sénégal), le principal problème est que la plupart maîtrisent à peine les pratiques culturales de bases qui permettent une meilleure gestion des ressources en eau et en sol et rendent pérennes ces ressources essentielles à leur travail : planage, labours appropriées, engrais appropriés, entretiens des canaux d’irrigation et de drainage, désherbage manuel... Ils rêvent de réintégrer l’arbre dans leurs immenses parcelles, en voit le bénéfice économique et l’image écologique positive que cette action engendre mais ce, sans en voir le vrai bénéfice environnemental. Il y a donc beaucoup, beaucoup de travail à faire pour qu’ils réapprennent ce que leurs ancêtres savaient presque intuitivement.

Pas facile donc de faire de l’environnement au Sénégal. Dans la région de Saint-Louis, il n’y a pas de centre technique de gestion des déchets. Ceux-ci sont déposés en périphérie de l’agglomération qui s’étend de plus en plus. Difficile de distinguer la zone habitable de la zone dépotoir. Par où commencer alors pour améliorer la situation? Construire le Centre de gestion des déchets, améliorer le système de collecte ou inciter la population à ne pas jeter ses déchets par terres ou dans le fleuve (!!!!), mais plutôt dans des contenants pour qu‘ils soit collectés… et déposés en périphérie? Comme pour notre expérience avec le recyclage, de bonnes habitudes devront être développées… Un projet de Centre de gestion des déchets est en cours… En attendant, sensibilisation, information, éducation.

Voici quelques photos de nous : http://picasaweb.google.fr/eauetsable/IleDeGorEEtDSertDeLompoulNous#
De magnifiques paysages: http://picasaweb.google.fr/eauetsable/DSertDeLompoulIleDeGorEEtSaintLouisPaysagesEtGens#
Et une vidéo de notre visite du désert de Lompoul: http://www.youtube.com/watch?v=ZWJdMb_39Bg